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30 septembre 2020 Salarié

Dépistage du cancer du sein : que doit-on attendre de l’intelligence artificielle ?

Plus de deux millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués dans le monde, l’an dernier. L’intelligence artificielle (IA) pourrait devenir un précieux allié pour les détecter plus tôt. Récemment, un programme informatique de Google a fait preuve d’une meilleure précision que des experts radiologues pour repérer des cancers du sein à partir d’images de mammographie. La machine serait-elle en passe de supplanter l’homme ? Le point sur la réelle contribution de cette technologie pour l’avenir de la santé.

Une révolution en route ?

Les résultats de l’expérience menée par Google, publiés dans la revue scientifique Nature, s’appuient sur près de 29000 images de mammographies britanniques et américaines. Les experts avaient accès aux antécédents médicaux des patientes lors de l’interprétation de ces clichés, alors que l’IA n’avait accès qu’aux images les plus récentes. Malgré cela, la machine a permis une réduction de mauvais diagnostic de cancer de 5,7% sur les images américaines et de 1,2% sur les britanniques. Elle a également réduit le pourcentage des diagnostics manqués de 9,4% parmi les images américaines, ainsi que 2,7% parmi celles provenant de Grande-Bretagne.

Actuellement, la mammographie et la radiographie sont les principales options de dépistage pour les femmes. Or, aujourd’hui, l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale pourrait permettre de révolutionner le diagnostic d’un cancer, qui, détecté en amont, serait guéri dans 9 cas sur 10. C’est l’ambition de la start-up Therapixel avec sa solution d’intelligence artificielle MammoScreen, capable d’analyser les mammographies de manière plus performante que les meilleurs experts en radiologie.

Anticiper le diagnostic 2 ans plus tôt

En clair, cette IA est un algorithme qui applique un programme informatique de manière systématique pour parcourir et trier à une vitesse vertigineuse les images saines des images cancéreuses. Comment ? Les algorithmes d’apprentissage profond (deep learning) s’inspirent du fonctionnement cérébral : ils simulent un réseau de neurones organisés en différentes couches, échangeant les uns avec les autres. La force de cette approche est que l’algorithme apprend la tâche qui lui a été assignée par « essais et erreurs », avant de se débrouiller tout seul. Un adjuvant de taille pour les spécialistes radiologues qui pourront donc s’appuyer sur cet infatigable assistant virtuel et obtenir un deuxième avis pour aider à détecter tout type de cancer. « Dépister un cancer par l’imagerie n’est pas courant car il est difficile à identifier précisément. Ce dépistage par l’IA permettrait de faire un premier tri et d’anticiper le diagnostic de la moitié des cancers, jusqu’à 2 ans avant qu’ils ne se déclarent », précise Pierre Fillard, fondateur de Therapixel. Certaines malades du cancer du sein sont dépistées trop tardivement. Avec l’IA, la maladie serait donc mieux prise en charge et soignée, car identifiée bien en amont. Autre avantage de taille, cette technologie offre la possibilité de réduire les fausses alertes qui donnent lieu à de lourds examens complémentaires, notamment la biopsie, grande source de stress pour les patientes.

L’IA pour faire face au manque de radiologues

Selon le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, le métier de radiologue caracole en tête des spécialités pour lesquelles les professionnels manquent à l’appel, avec un chiffre record de 42% des postes vacants. Selon Pierre Fillard, l’IA fournira une expertise précieuse pour les pays en voie de développement, comme l’Afrique subsaharienne, où le métier de radiologue est rare. En France, en Europe ou aux États-Unis, « l’IA pourra traiter les données de plusieurs personnes à la fois… Le radiologue gagnera un temps considérable en déléguant ce premier déchiffrage des images. Ce qui lui permettra de se concentrer sur l’analyse de l’anomalie détectée par l’IA et de prendre davantage le temps de rassurer son patient », explique-t-il.

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KERIALIS apporte son soutien à l’Institut Curie !

À l’occasion d’Octobre Rose, mois de mobilisation en faveur de la prévention et de la lutte contre le cancer du sein, KERIALIS fait le choix d’apporter son soutien à l’Institut Curie !

Les collaborateurs de KERIALIS se sont mobilisés pour réaliser des rubans roses, symbole international de la lutte contre le cancer ! Chaque création, unique, comme chaque femme qu’il reste à sauver, sera offerte aux patientes pendant Octobre Rose.

Si vous souhaitez rejoindre ce projet solidaire et participatif, retrouvez le détail de l’opération sur le site internet de l’Institut Curie