Quelle différence entre déprime et dépression ?

Quelle différence entre déprime et dépression ?
Quelle différence entre déprime et dépression ?

Il est courant d’utiliser les mots déprime et dépression comme s’ils désignaient la même chose. Pourtant, ces deux réalités sont très différentes. La déprime correspond à une baisse de moral passagère, tandis que la dépression est une maladie psychique reconnue, définie par des critères précis et nécessitant une prise en charge médicale.

Comprendre cette distinction est essentiel pour savoir quand se rassurer… et quand consulter.

Qu’appelle-t-on « déprime » ?

La déprime n’est pas un diagnostic médical. Il s’agit d’un terme du langage courant utilisé pour décrire un coup de blues temporaire, souvent en lien avec des événements de vie difficiles : stress prolongé, conflit personnel ou professionnel, surcharge mentale, rupture, ou deuil récent.

Les symptômes les plus fréquents

La déprime se manifeste par des signes modérés :

  • Baisse de motivation,

  • Tristesse passagère,

  • Irritabilité,

  • Fatigue,

  • Troubles légers du sommeil ou de la concentration.

Ces symptômes restent généralement compatibles avec la poursuite des activités quotidiennes (travail, études, vie sociale), même si tout semble plus lent ou plus difficile.

Une évolution souvent favorable

Dans la déprime les symptômes sont fluctuants, mais s’améliorent spontanément en quelques jours ou semaines : Ils restent proportionnés au contexte vécu. La personne conserve souvent la capacité à éprouver du plaisir lors de certains moments (loisirs, échanges avec les proches) et ne présente pas d’idées suicidaires structurées.

Qu’est-ce que la dépression ?

La dépression, aussi appelée épisode dépressif caractérisé ou trouble dépressif majeur, est un trouble psychiatrique reconnu, défini par des classifications internationales comme la CIM-10 (Classification Internationale des Maladie) ou le DSM (Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux). Son diagnostic repose sur une évaluation médicale.

Les symptômes centraux de la dépression

Trois signes sont particulièrement caractéristiques :

  • Une humeur dépressive quasi permanente,

  • Une perte marquée d’intérêt ou de plaisir (anhédonie),

  • Une diminution importante de l’énergie.

Les critères diagnostiques

Pour poser un diagnostic de dépression, il faut :

  • Au moins cinq symptômes parmi une liste définie (humeur triste, perte d’intérêt, troubles du sommeil, modification de l’appétit, fatigue intense, difficultés de concentration, culpabilité excessive, dévalorisation, idées de mort ou suicidaires),

  • Présents presque tous les jours,

  • Pendant au moins deux semaines,

  • Avec un retentissement significatif sur la vie quotidienne.

Un impact majeur sur le quotidien

La dépression entraîne souvent des difficultés importantes ou une incapacité à travailler ou étudier, un retrait social et familial, un désinvestissement des soins personnels, ou un risque suicidaire, parfois élevé.

Les signes d’alerte à ne pas ignorer

Certains symptômes doivent faire penser à une dépression plutôt qu’à une simple déprime, surtout s’ils persistent au-delà de deux semaines :

  • Tristesse ou sentiment de vide quasi permanent,

  • Perte de plaisir,

  • Fatigue intense,

  • Ralentissement ou agitation psychomotrice,

  • Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie),

  • Modification du poids ou de l’appétit,

  • Difficultés de concentration,

  • Sentiment de dévalorisation ou culpabilité excessive.

La présence d’idées de mort répétées, d’idées suicidaires ou d’un plan précis constitue une urgence médicale.

La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle l’importance de l’évaluation systématique du risque suicidaire dans tout épisode dépressif.

La dépression en France : des chiffres préoccupants

La dépression est fréquente en France. Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, environ 16 % des adultes ont vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des 12 derniers mois.

Certaines populations sont plus touchées comme les femmes, les jeunes adultes de 18 à 29 ans, et les personnes en situation de précarité. Malgré cette fréquence élevée, de nombreuses personnes ne bénéficient d’aucune prise en charge, ce qui a conduit la France à faire de la santé mentale une grande cause nationale.

Comment réagir en cas de déprime ?

Lors d’une déprime passagère, certaines mesures peuvent aider :

  • Conserver un rythme de vie régulier (sommeil, repas),

  • Maintenir une activité physique,

  • Préserver les liens sociaux,

  • Limiter l’isolement et la consommation d’alcool ou de substances.

Parler de ce que l’on ressent à des proches ou à un professionnel (médecin traitant, psychologue, service d’écoute) peut éviter une aggravation vers une dépression. Si la souffrance persiste, s’intensifie ou impacte fortement le quotidien, il est conseillé de consulter un médecin pour faire le point.

Quand et à qui demander de l’aide en urgence ?

En cas de souffrance aiguë, d’idées suicidaires ou d’un sentiment de ne plus pouvoir faire face, il est essentiel de demander de l’aide immédiatement. En France, le 31 14 est une ligne nationale de prévention du suicide, gratuite, confidentielle et accessible 24 h/24 et 7 j/7.

En cas de danger immédiat, il faut contacter les services d’urgence (15, 18 ou 112) ou se rendre directement aux urgences hospitalières.

La santé mentale reste un sujet majeur pour KERIALIS.