Cyberharcèlement : comprendre le langage numérique et agir
Le cyberharcèlement n’est plus une notion abstraite : il se cache derrière des échanges numériques quotidiens, parfois dissimulé dans des emojis, des abréviations ou des messages codés difficilement interprétés par les adultes. Pour KERIALIS, il est essentiel de décrypter ces formes subtiles de violence en ligne et de proposer des leviers concrets pour prévenir et accompagner les victimes.
Le fossé intergénérationnel dans la compréhension du langage numérique
Une étude récente menée par Allianz France avec l’institut Ifop révèle un décalage significatif entre la perception des adultes et la réalité du langage utilisé par les adolescents dans leurs échanges numériques.
Données clés de l’étude
- 75 % des Français pensent comprendre les codes (emojis, abréviations) utilisés par les jeunes, qu’ils soient humoristiques ou agressifs.
- Seulement 1,3 % sont capables de décoder correctement six exemples concrets de messages codés testés dans le cadre de l’enquête.
- Malgré ce manque de compréhension réelle, 8 Français sur 10 perçoivent les risques liés à ce langage codé lorsqu’il peut masquer du harcèlement.
Ces chiffres montrent qu’un grand nombre d’adultes surestiment leur capacité à identifier les messages à connotation agressive ou discriminatoire, ce qui rend le repérage des situations de cyberharcèlement particulièrement difficile.
Qu’est-ce que le langage codé du cyberharcèlement ?
Dans la pratique, le cyberharcèlement peut utiliser :
- des emojis détournés pour insulter, exclure ou humilier,
- des acronymes qui ont un sens agressif ou humiliant,
- des références culturelles qui passent inaperçues à un œil non averti.
Certaines formes de ce langage codé peuvent paraître innocentes à première vue, mais leur répétition ou leur contexte révèle une intention hostile.
Par exemple, la campagne de sensibilisation menée par Allianz France met en scène des messages que les adultes ne peuvent comprendre sans décryptage, afin de révéler cette violence invisible et susciter le dialogue entre générations autour de ces pratiques.
Pourquoi cette compréhension limitée pose problème
Lorsque les adultes (parents, enseignants, éducateurs) ne reconnaissent pas les signaux de détresse ou les codes de harcèlement, plusieurs conséquences peuvent surgir :
- le harcèlement reste invisible, jusqu’à ce qu’il ait causé des dommages psychologiques significatifs ;
- les victimes peuvent se sentir incomprises ou isolées ;
- les actions de prévention ou d’accompagnement arrivent trop tard.
Comprendre ces codes est donc un enjeu pour anticiper et prévenir les situations à risque.
Prévenir et accompagner : des leviers concrets
1. Sensibiliser à la culture numérique jeune
Un premier pas consiste à former les adultes à lire et interpréter les codes numériques employés par les jeunes. Cela ne signifie pas devenir expert en slang, mais savoir repérer des messages à connotation agressive ou répétitive.
2. Mettre en place des dispositifs d’écoute spécialisés
Un accompagnement efficace du cyberharcèlement repose sur :
- une écoute confidentielle et formée, capable d’identifier les dynamiques numériques de harcèlement ;
- une orientation juridique claire, permettant à la victime de comprendre ses droits et les étapes possibles (signalement, conservation de preuves, démarches légales) ;
- un suivi dans le temps, car la violence numérique ne disparaît pas toujours après un signalement.
3. Engager un dialogue continu
Le cyberharcèlement ne se résout pas par une simple surveillance technique. Il nécessite un dialogue ouvert entre jeunes et adultes, où les deux parties peuvent poser des mots sur ce qui se joue dans leurs échanges numériques.
Sources
- https://www.optionfinance.fr/info-financiere-en-continu/d/2025-05-28-allianz-france-campagne-de-sensibilisation-contre-le-cyberharcelement.html
- https://www.allianz.fr/content/dam/onemarketing/azfr/common/marque/pdf/Glossaire-cyberharcelement.pdf
- Allianz
Le cyberharcèlement est un phénomène aux formes mouvantes, qui s’appuie sur un langage numérique codé, souvent invisible à ceux qui n’en maîtrisent pas les codes. Comprendre ce langage, repérer les signaux faibles et mettre en place des dispositifs d’accompagnement adaptés sont des étapes essentielles pour agir efficacement.
Chez KERIALIS, nous sommes convaincus que la prévention passe par la compréhension partagée de ces enjeux, et que l’éducation numérique doit devenir un pilier central de toute stratégie de lutte contre le cyberharcèlement.












